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aux Assises
La prise en charge diagnostique
des personnes atteintes du Syndrome de Lowe
Résultats de
lenquête réalisée entre janvier et mars 1999
Virginie Godet
Centre de Recherche en Economie et Gestion Appliquée à la
Santé
INSERM U 537
Travail réalisé sous la direction dIsabelle Hirtzlin
Présentation
Ce document est une synthèse des résultats obtenus à
partir de lanalyse statistique du questionnaire qui vous est parvenu
entre janvier et mars 1999.
Il sagissait dune enquête réalisée dans le
cadre dun travail de DEA en économie de la santé, grâce
au soutien financier de lAssociation Française de Recherche
Génétique et des laboratoires Biogalénique.
Le but de cette enquête était que chaque personne
atteinte dune maladie génétique rare retrace, le plus
fidèlement possible, son parcours au sein du système de soins
jusquau diagnostic définitif de sa maladie. A charge pour
nous ensuite didentifier les difficultés rencontrées
par les personnes malades.
Le taux de réponse à cette enquête a été
élevé puisque la moitié de ceux qui ont reçu
le questionnaire la rempli et renvoyé. Je tiens donc ici
à remercier tous ceux sans qui létude naurait pas
eu lieu :
-
les associations de malades et les consultations spécialisées
qui ont bien voulu réaliser lenvoi de ce questionnaire ;
-
et surtout toutes les personnes atteintes de maladie génétique
rare qui ont bien voulu maccorder de leur temps en remplissant ce
questionnaire.
Avertissement
Cette enquête a finalement permis didentifier les
caractéristiques du parcours de 532 personnes atteintes de cinq maladies
génétiques rares différentes (Maladie de Gilles
de la Tourette, Syndrome de Lowe, Maladies héréditaires du
métabolisme, Maladie de Von Hippel-Lindau, Ostéogenèse
imparfaite).
Notre échantillon de 532 personnes se répartit ainsi entre
les cinq pathologies :
Graphique 1 : Répartition de léchantillon par
pathologie
Attention, notre échantillon na pas vocation à
être représentatif de la population des personnes atteintes
de maladie génétique rare. Dabord parce quil
ne représente pas toutes les maladies, ensuite parce que seule la
population déjà diagnostiquée est accessible, et enfin
parce que nous ne connaissons pas la représentativité de la
population interrogée. En effet, le fait dappartenir à
une association de malades ou davoir accès à une consultation
spécialisée peut être lié à certaines
caractéristiques de la population.
Les tentatives de généralisation nétant dans ce
cas possibles quau prix dhypothèses fortes, nous avons
simplement cherché à améliorer la connaissance des parcours
individuels des personnes interrogées, des premiers symptômes
au diagnostic de leur maladie.
Résumé des principaux
résultats
Les résultats que nous vous présentons ici, concernant votre
pathologie, sont tirés dun travail de DEA en Economie de la
santé intitulé " Analyse économique des réseaux
et trajectoires de soins pour le diagnostic des maladies génétiques
rares ", qui portait sur les cinq maladies rares choisies.
Nous partions de lhypothèse que linorganisation
du système venait renforcer la méconnaissance du corps
médical vis-à-vis des maladies génétiques rares
et cela nous laissait penser que les trajectoires diagnostiques des malades
relevaient d'initiatives individuelles et dopportunités ponctuelles
plus que d'une réelle prise en charge médicale
organisée.
Lanalyse des données issues de notre enquête nous a permis
de vérifier cette hypothèse et dexaminer dans le détail
les trajectoires suivies par les patients jusquau diagnostic de leur
maladie. Nous avons en particulier montré les rôles
déterminants du premier recours au système de soins,
du type de producteur de soins rencontré (ville ou hôpital),
et de la maladie elle-même dans le parcours des malades (en
terme de longueur de la trajectoire, de type de prescription, dorientation
des patients
). Certains dysfonctionnements inhérents au
système de soins mais exacerbés dans le cas des maladies rares
ont été mis en lumière, notamment le problème
de la circulation de linformation médicale. Lanalyse
conjointe de ces dysfonctionnements et des exemples de coopération
(consultations multidisciplinaires,
) pour les maladies rares, nous
ont permis de souligner lintérêt de la mise en uvre
de réseaux de soins pour ces pathologies.
Détails des réponses au
questionnaire
Nous avons choisi ici de détailler les résultats de notre
analyse statistique en mettant en parallèle les résultats pour
votre pathologie et les résultats pour notre échantillon
global de 532 personnes. Cela permet de réaliser quelques comparaisons
et de situer votre pathologie parmi les 5 que nous avions choisies.
Nous avons décidé de présenter ces résultats
en six grandes parties :
-
la présentation de léchantillon ;
-
le premier contact avec le système de soins ;
-
les trajectoires, cest à dire la succession des contacts avec
le système de soins qua eu la personne malade jusquau
diagnostic de la maladie ;
-
le diagnostic définitif ;
-
linformation des personnes malades.
Présentation de
léchantillon
ATTENTION : Nous tenons à vous rappeler une fois de plus que
tous les résultats qui vont vous être donnés ici ne
concernent que les personnes ayant répondu au questionnaire et pas
la population des malades en général
Léchantillon des malades atteints du syndrome de Lowe est
composé de 15 malades. Ils appartiennent tous à une
association de malade, puisque cest elle qui a fait lenvoi à
ses membres.
Le questionnaire a été rempli à 100% par les parents
denfants malades.
Age et sexe
Lâge moyen des malades est de 12 ans et 9 mois
(contre 21 ans et 6 mois dans léchantillon total). Cela
tient essentiellement au fait que le syndrome de Lowe est une maladie à
révélation précoce ce qui nest pas le cas des
5 maladies étudiées. Les âges extrêmes sont 3 et
35 ans.
Les malades sont uniquement des garçons (le gène se
trouve sur le chromosome X).
Lieu de résidence
73,3% des malades habitent en Province, ce qui est un peu moins que
la population française en général (81,3% des français
habitent en province, selon le dernier recensement de la population. INSEE,
1999).
La couverture sociale
La couverture sociale des malades est dans 86,7% des cas, une prise en
charge à 100%. Pour les autres, le cas le plus fréquent
est lassociation dune sécurité sociale et dune
mutuelle.
Lactivité professionnelle
Une des caractéristiques importantes de cet échantillon concerne
le travail de la mère. En effet, nombreuses sont les mères
qui ont, à la suite de la maladie, soit abandonné leur travail,
soit diminué leur temps de travail. Ces résultats sont
retracés dans le Tableau 1.
Tableau 1 : Changement dans
lactivité professionnelle pour les parents denfants de
moins de 18 ans
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Abandon de
l'activité |
95 |
33,7% |
1 |
9,1% |
| Malade |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Mère |
88 |
92,6% |
1 |
100,0% |
| Parents |
2 |
2,1% |
0 |
0,0% |
| Père |
2 |
2,1% |
0 |
0,0% |
| Autre |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Augmentation de
l'activité |
3 |
0,6% |
0 |
0,0% |
| Diminution de
l'activité |
69 |
13,0% |
5 |
45,5% |
| Malade |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Mère |
57 |
55,9% |
3 |
60,0% |
| Parents |
6 |
5,9% |
1 |
20,0% |
| Père |
2 |
2,0% |
1 |
20,0% |
| Autre |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Pas de modification |
86 |
16,2% |
5 |
45,5% |
On voit que dans les nombreux cas de diminution de
lactivité (45,5% des cas), cela concerne majoritairement
la mère (60%).
Le revenu mensuel des familles est détaillé dans le Tableau
2.
Tableau 2 : Le revenu mensuel
des familles en 1998
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Moins de 3 000f |
16 |
3,4% |
0 |
0,0% |
| De 3 000 à
6 000f |
58 |
12,4% |
2 |
13,3% |
| De 6 000 à
10 000f |
121 |
25,9% |
4 |
26,7% |
| De
10 000 à 20 000f |
179 |
38,3% |
7 |
46,7% |
| De 20 000 à
30 000f |
67 |
14,3% |
2 |
13,3% |
| Plus de 30 000f |
26 |
5,6% |
0 |
0,0% |
| Total |
467 |
100,0% |
15 |
100,0% |
| Non
réponse |
65 |
|
0 |
|
Les deux tableaux suivant concernent la composition des familles (Tableau
3 et Tableau 4).
Tableau 3 : Situation maritale
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Célibataire |
167 |
32,9% |
5 |
33,3% |
| Marié |
289 |
57,0% |
10 |
66,7% |
| Veuf |
9 |
1,8% |
0 |
0,0% |
| Divorcé |
42 |
8,3% |
0 |
0,0% |
| Total |
507 |
100,0% |
15 |
100,0% |
| Non
réponse |
25 |
|
0 |
|
Tableau 4 : Nombre denfants
de moins de 18 ans dans la famille
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| 0 |
152 |
32,5% |
4 |
30,8% |
| 1 |
159 |
34,0% |
6 |
46,2% |
| 2 |
112 |
23,9% |
3 |
23,1% |
| 3 et plus |
45 |
9,6% |
0 |
0,0% |
| Total |
468 |
100,0% |
13 |
100,0% |
| Non
réponse |
64 |
|
2 |
|
Le premier recours au système de
soins
La maladie :
Le syndrome de Lowe sest révélé dans 46,7%
des cas par des symptômes et dans 40% des cas de façon
fortuite. Dans 13,3% des cas, il existe un autre malade dans la
famille et la maladie a été découverte à
la suite dun examen systématique.
La décision de consulter :
Les premiers symptômes sont apparus en moyenne à un
mois et demi (les valeurs extrêmes étant 1 jour et 1 an).
Dans 80% des cas, les parents ont décidé de consulter
un médecin, ce quils ont fait en moyenne dans un
délai moyen dun mois et demi. La raison principale de
ce premier recours à un médecin était la persistance
des symptômes (53,3% des cas).
Le lieu du premier recours :
Le premier recours a lieu dans 66,7% des cas dans un
établissement de soins (clinique ou hôpital) et dans 33,3%
des cas en ville. Cette première consultation a lieu près du
domicile familial, à 93,3% dans la région dhabitation.
Le médecin consulté est principalement (46,2%) un
spécialiste lié aux symptômes et dans 30,8% des cas
le médecin traitant. La répartition en terme de
spécialité est détaillée dans le Tableau 5.
Tableau 5 : Spécialité
du premier médecin rencontré
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Généraliste |
135 |
27,6% |
2 |
14,3% |
| Neurologue |
24 |
4,9% |
|
0,0% |
| Pédiatre |
210 |
42,9% |
8 |
57,1% |
| Rhumatologue |
7 |
1,4% |
0 |
0,0% |
| Urologue |
1 |
0,2% |
0 |
0,0% |
| Psychiatre |
11 |
2,2% |
0 |
0,0% |
| Ophtalmologiste |
20 |
4,1% |
4 |
28,6% |
| Généticien |
12 |
2,4% |
0 |
0,0% |
| Autre |
70 |
14,3% |
0 |
0,0% |
| Total |
490 |
100,0% |
14 |
100,0% |
| Non
réponse |
42 |
|
1 |
|
85,7% des médecins rencontrés au premier contact sont
des spécialistes et 14,3% des généralistes.
Les caractéristiques du contact
initial :
Dans 86,7% des cas, les malades ne sont pas diagnostiqués lors
de ce premier contact (voir Tableau 6).
Tableau 6 : Etat du diagnostic
au contact initial
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Non |
316 |
60,3% |
13 |
86,7% |
| Oui, tout de
suite |
27 |
5,2% |
0 |
0,0% |
| Oui, après
examens complémentaires |
181 |
34,5% |
2 |
13,3% |
| Total |
524 |
100,0% |
15 |
100,0% |
| Non
réponse |
8 |
|
|
|
Ce contact est loccasion de prescriptions dans 64,3% des cas et elles
se répartissent comme suivent (voir Tableau 7)
Tableau 7 : Les prescriptions
au contact initial (plusieurs réponses possibles)
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
%* |
Effectif |
%* |
| Sang |
126 |
34,5% |
7 |
77,8% |
| Urine |
113 |
31,0% |
9 |
100,0% |
| Fond
de l'il |
71 |
19,5% |
5 |
55,6% |
| Radio |
195 |
53,4% |
4 |
44,4% |
| Scanner |
53 |
14,5% |
1 |
11,1% |
| Echographie |
45 |
12,3% |
1 |
11,1% |
| IRM |
37 |
10,1% |
2 |
22,2% |
| Médicaments |
197 |
37,0%** |
7 |
46,7%** |
| * pourcentage de
la population ayant eu des prescriptions
**pourcentage de la population totale |
78,6% des malades sont hospitalisés lors du contact initial,
pour une durée moyenne de 16 jours (de 4 à 50
jours).
Tableau 8 : Orientation vers un autre médecin lors du contact
initial
| |
Population totale de léchantillon
Effectif (% de la catégorie) |
Syndrome de Lowe
Effectif (% de la catégorie) |
| Orientation
|
228 (42,9%) |
10 (66,7%) |
| Malades sans diagnostic
initial qui ont été orientés |
150 (47,5%) |
9 (69,2%) |
| malades à
examens complémentaires qui ont été orientés |
74 (40,9%) |
1 (50%) |
Les malades ayant été orientés lors du premier contact
sont très nombreux (66,7% contre 42,9% pour léchantillon
total). Les analyses menées sur lensemble de la population
française à partir de lenquête santé 1991-92
ont montré que les renvois vers un confrère étaient
très rares (4% des 2èmes contacts recommandés par un
médecin ont lieu chez un confrère). Cela signifie donc que
les orientations dans le système de soins sont beaucoup plus nombreuses
pour les maladies rares que pour les autres pathologies.
Les trajectoires de
soins :
On peut dabord noter quen moyenne il sécoule près
dun an entre le premier contact et le diagnostic définitif de
la maladie. Mais cette moyenne cache de grandes disparités et lon
préfère présenter ce résultat par classe, comme
dans le Tableau 9. On voit en effet que 35,7% des malades sont
diagnostiqués en moins dun mois et que 28, 6% le sont
entre 1 et 5 ans.
Le nombre moyen de contacts avec le système de soins se situe
entre 4 et 5.
Tableau 9 : Temps écoulé
entre les premiers symptômes et le diagnostic définitif de la
maladie (en classes)
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| moins
de 1 mois |
181 |
38,3% |
5 |
35,7% |
| 1 mois - 1 an |
137 |
29,0% |
5 |
35,7% |
| 1
an - 5 ans |
90 |
19,1% |
4 |
28,6% |
| plus de 5 ans |
64 |
13,6% |
0 |
0,0% |
| Total |
472 |
100,0% |
14 |
100,0% |
| Non
réponse |
60 |
|
1 |
|
Les trajectoires suivies par les malades sont individuelles et montre cela
montre bien que le système de soins nest pas organisé
de façon stratégique pour ces pathologies.
Pour montrer cela, nous avons choisi deux indicateurs :
le type de producteur de soins (Etablissement de soins / médecine
de ville) (voir Tableau 10) à chaque contact ou le type de médecin
rencontré (spécialiste / généraliste) (voir Les
contacts par type de médecin rencontré Tableau 11).
Les contacts par type de producteurs de soins
Tableau 10 : Les contacts avec
le système de soins par type de producteur (ville/établissement
de soins)
Il existe 8 trajectoires différentes, ce qui est beaucoup
puisquon a ici seulement 15 malades. On peut donc penser que les
trajectoires sont très hétérogènes :
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu en ville (33,3%
des malades) sont au nombre de 4.
-
La plus fréquente est de type " Ville / hôpital" et concerne
2 malades.
-
Il y a 1 trajectoire que lon peut dire courte, de 2 contacts ou moins,
qui concerne 13,3% des malades
-
1 trajectoire (sur 4) e de 5 contacts ou plus et concerne 1 personne
-
dans 1 trajectoire, les (13,3%) sont orientés dès le premier
contact, or cela est plutôt positif, puisque nos analyses
générales ont montré que les trajectoires ont tendance
à être plus courtes, en ville, lorsque les malades sont
orientés dès le premier contact.
-
Aucune trajectoire nest homogène. Cela signifie que
lorsque la personne malade consulte en ville la première fois,
elle aura toujours, au cours de sa trajectoire, des contacts à
lhôpital.
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu à
lhôpital sont aussi nombreuses que les trajectoires
débutant en ville : 4 trajectoires différentes, mais elles
concernent deux fois plus de malades (66,7%
-
la plus fréquente est de type " hôpital / hôpital "
et concerne 7 malade
-
1 trajectoire est courte (2 contacts ou moins) et concerne 7 malades
sur les 10 qui consultent à lhôpital. On peut donc
raisonnablement penser que lorsque le contact initial a lieu à
lhôpital, la trajectoire a tendance à être plus
courte quen ville.
-
on dénombre 2 trajectoires longues qui ne concernent que deux malades.
-
les malades ne sont jamais orientés, quand le premier contact
a lieu à lhôpital, ce qui semble logique puisque pour
des maladies graves et rares, le plateau technique et la compétence
des médecin à lhôpital permettent de réaliser
les examens nécessaires au diagnostic de la maladie.
-
Cela est corroboré par le fait que 3 trajectoires sur 4 sont
homogènes, ce qui signifie que lorsquon a consulté
à lhôpital la première fois, les consultations
qui suivent auront quasiment toujours lieu à lhôpital
(même si ce nest pas forcément le même).
Les contacts par type de médecin
rencontré
Tableau 11 : les trajectoires de soins par médecin
rencontré
Il existe 8 trajectoires différentes :
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu chez un
généraliste (2 malades) sont au nombre de 2.
-
Il ny a ni trajectoire courte, de 2 contacts ou moins, ni trajectoire
longue, de 5 contacts ou plus .
-
dans 1 trajectoire, le malade est orienté dès le premier contact,
or cela est positif puisque nos analyses globales ont montré que
les trajectoires ont tendance à être plus courtes, en ville,
lorsque les malades sont orientés dès le premier contact.
-
Il ny a pas de trajectoire homogène, ce qui signifie
que lorsquune personne a consulté un généraliste
la première fois, les contacts suivants auront toujours lieu chez
un spécialiste.
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu chez un
spécialiste (80% des malades) sont plus nombreuses que les
trajectoires débutant chez un généraliste : 6
trajectoires différentes et elles concernent 12 malades.
-
la plus fréquente est de type " spécialiste /
spécialiste " et concerne 1/3 des malades
-
1 trajectoire est courte (2 contacts ou moins) et concerne 4 malades.
-
4 trajectoires sur 6 sont longues et concernent 7 malades, ce qui
est beaucoup. Contrairement à ce que lon a trouvé
pour les autres maladies de léchantillon, les trajectoires,
même débutant chez un spécialiste sont longues.
-
les malades ne sont jamais orientés quand le premier contact a
lieu chez un spécialiste, ce qui semble logique puisque pour
des maladies graves et rares, la compétence des spécialistes
de lun des organes concernés est plus grande que celle du
généraliste, à qui on ne peut raisonnablement pas demander
de tout connaître.
-
Cela est corroboré par le fait que toutes les trajectoires sont
homogènes, ce qui signifie que lorsquon a consulté
un spécialiste la première fois, les consultations qui suivent
auront toujours lieu chez un spécialiste (même si ce nest
pas forcément le même).
Le diagnostic définitif de la
maladie
les caractéristiques du contact diagnostic
Les malades sont en moyenne âgés de moins dun an au
diagnostic définitif de leur maladie.
Le diagnostic définitif est toujours posé à
lhôpital et donc par un spécialiste (contre
87,1% des cas pour notre population totale).
Il a lieu dans 93,3% des cas dans la région de résidence du
malade et donc à 66,7% en province. Ce qui remet un peu en cause la
suprématie des consultations parisiennes.
Cest dans tous les cas un médecin qui a conseillé
lendroit et dans 73,3% des cas le dernier médecin
consulté.
Les prescriptions au contact définitif
Dans 100% des cas, le diagnostic définitif est posé
après des examens complémentaires qui sont à
93,3% des analyses et à 26,7% des imageries.
Dans 80% des cas, la maladie et des conséquences sont
révélés après ces examens
complémentaires.
Il est aussi intéressant de noter que 60% des malades ont eu recours
à un diagnostic, dont 44,4% à un diagnostic prénatal
(soit 26,7% de léchantillon).
La prise en charge de la
maladie
La prise en charge médicale
Le lieu de cette prise en charge est détaillé dans le Tableau
12.
Tableau 12 : La prise en charge
médicale
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Dans
le service du diagnostic |
269 |
50,6% |
8 |
53,3% |
| Dans un autre
service |
176 |
33,1% |
7 |
46,7% |
| Pas
de prise en charge organisée |
141 |
26,5% |
3 |
20,0% |
| Autre |
133 |
25,0% |
6 |
40,0% |
Il paraît important de noter que 20% des malades ne font
pas lobjet dune prise en charge médicale
organisée.
Lorsque cette prise en charge est organisée, les contacts avec les
médecins ont lieu dans la majorité des cas (70%) tous les trois
mois et au maximum tous les six mois.
La prise en charge financière
60% des personnes interrogées déclarent avoir des
problèmes financiers dus à la prise en charge de la
maladie. Ils se répartissent comme suit (voir Tableau 13) :
Tableau 13 : Les problèmes
liés à la prise en charge financière de la maladie
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Remboursement
de certains soins |
83 |
15,6% |
5 |
33,3% |
| remboursement
de médicaments |
50 |
9,4% |
5 |
33,3% |
| prise
en charge des transports |
97 |
18,2% |
5 |
33,3% |
| paiement
des arrêts de travail |
56 |
10,5 |
5 |
33,3% |
| appareillages |
27 |
5,1% |
1 |
6,7% |
| alimentation
diététique |
19 |
3,6% |
0 |
0,0% |
| plus aujourd'hui |
17 |
3,2% |
1 |
6,7% |
| autres
traitements |
13 |
2,4% |
0 |
0,0% |
| autres |
24 |
4,5% |
0 |
0,0% |
Si 40% des personnes interrogées ne sont pas en mesure de préciser
le montant des dépenses restant à leur charge, 20%
déclarent dépenser entre 1000 et 5000 francs par an pour
la maladie.
Information des malades
Toutes les personnes interrogées souffrant du syndrome de Lowe
appartiennent à une association de malades. Ils ont eu connaissance
de lexistence de cette association
-
par les journaux ou la télévision à 20% ;
-
et par le bouche à oreille, les amis à 13,3%.
Le premier contact a majoritairement lieu après le diagnostic
définitif de la maladie et les apports de lassociation sont
les suivants (voir Tableau 14)
Tableau 14 : Les apports de
lassociation de malades (plusieurs réponses sont possibles)
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Soutien
financier |
2 |
0,4% |
0 |
0,0% |
| Soutien
psychologique |
156 |
29,3% |
10 |
66,7% |
| Informations sur
la prise en charge par la sécurité sociale |
102 |
19,2% |
4 |
26,7% |
| Informations sur
la maladie |
333 |
62,6% |
15 |
100,0% |
| Informations
sur les professionnels de santé |
165 |
31,0% |
12 |
80,0% |
| Autres |
28 |
5,3% |
2 |
13,3% |
Les attentes, quant à elles sont les suivantes (voir Tableau 15)
Tableau 15 : Les attentes
vis-à-vis de lassociation de malades
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Soutien
financier |
20 |
3,8% |
2 |
13,3% |
| Soutien
psychologique |
80 |
15,0% |
2 |
13,3% |
| Informations sur
la prise en charge par la sécurité sociale |
70 |
13,2% |
3 |
20,0% |
| Informations
sur la maladie |
134 |
25,2% |
6 |
40,0% |
| Informations
sur les professionnels de santé |
131 |
24,6% |
6 |
40,0% |
| Autres |
51 |
9,6% |
4 |
26,7% |
Il faut savoir que dans la catégorie " Autres ", on trouve
très souvent " soutien à la recherche ".
On doit aussi noter que les malades dans leur ensemble connaissent
mal les systèmes dinformation à leur disposition.
Cependant les personnes atteintes du syndrome de Lowe semblent beaucoup mieux
informées que les autres :
-
53,3% ont eu recours à lAFRG (contre 9,3% dans
léchantillon total) ;
-
13,3% ont eu recours à Allo-gènes (contre 8,4% dans
léchantillon total) ;
-
et 20% ont eu recours à _ (contre 6,2% dans
léchantillon total).
Les raisons de leur recours à ces moyens dinformation sont
détaillées dans le Tableau 16.
Tableau 16 : Les raisons du recours
à un moyen dinformation (plusieurs réponses sont
possibles)
| |
Population totale de
léchantillon |
Syndrome de Lowe |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| AFRG |
|
|
|
|
| Informations
sur la maladie |
20 |
3,8% |
6 |
40,0% |
| Adresse des
professionnels de santé |
10 |
1,9% |
1 |
6,7% |
| adresses d'associations
de malades |
14 |
2,6% |
3 |
20,0% |
| Autres |
12 |
2,3% |
2 |
13,3% |
| Allo-gènes |
|
|
|
|
| Informations
sur la maladie |
25 |
4,7% |
1 |
6,7% |
| Adresse
des professionnels de santé |
10 |
1,9% |
1 |
6,7% |
| adresses d'associations
de malades |
17 |
3,2% |
0 |
0,0% |
| Autres |
4 |
0,8% |
0 |
0,0% |
| _ |
|
|
|
|
| Informations
sur la maladie |
24 |
4,5% |
3 |
20,0% |
| Adresse des
professionnels de santé |
6 |
1,1% |
1 |
6,7% |
| adresses d'associations
de malades |
10 |
1,9% |
1 |
6,7% |
| Autres |
6 |
1,1% |
0 |
0,0% |
Conclusion
Lanalyse de ce questionnaire a donc permis de révéler
les principales caractéristiques des trajectoires des personnes atteintes
de maladies héréditaires du métabolisme, qui avaient
répondu à notre enquête.
On peut retenir de cette analyse quelques points saillants.
Concernant les caractéristiques générales de la
population :
-
les malades sont plus souvent couverts à 100% que dans le reste de
létude (86,7% contre 69,2%).
-
Les mères des enfants malades ont souvent diminué leur temps
de travail pour soccuper de leur (s) enfant (s).
Concernant les trajectoires :
-
Le premier recours à un médecin a souvent lieu à
lhôpital dans 66,7% des cas (contre 42% dans la population
générale de lenquête) mais 86,7% des malades ne
sont pas diagnostiqués (contre 60,3% en moyenne dans
lenquête).
-
Le nombre moyen de contacts avec le système de soins se situe entre
4 et 5 ; mais les durées des trajectoires sont très
hétérogènes.
-
La prise en charge médicale semble assez bien organisée, même
si 20% des malades déclarent ne pas en avoir (ce qui est un peu moins
que la moyenne de lenquête (26,5%)).
-
Enfin, on peut noter les difficultés financières liées
à la maladie (déclarées par 60% des malades) qui concernant
surtout le remboursement des transport, de certains médicaments, des
arrêts de travail et de certains soins. Il faut en particulier souligner
que plus de 20% des malades déclarent dépenser entre 5 000
et 10 000f par an pour la maladie, après remboursement par la
sécurité sociale (contre 9,9% en moyenne dans
lenquête).
Concernant les associations de malades :
-
Ce sont les médecins (26,7%) et les médias (20%) qui ont fait
connaître lassociation.
-
Les apports de lassociation concernent : les informations sur
les professionnels de santé (80%) et un soutien psychologique (66,7%).
-
Ils en attendent : des informations sur la maladie (40%) et sur les
professionnels de santé (40%).
Globalement, on peut dire aussi quils connaissent assez mal les lieux
ou les outils dinformation à leur disposition comme lAFRG,
Allo-Gènes ou _ ; cependant les personnes atteintes du
syndrome de Lowe semblent mieux informées que les autres.
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