Retour
aux Assises
La prise en charge diagnostique
des personnes atteintes de la maladie de Gilles de la Tourette
Résultats de
lenquête réalisée entre janvier et mars 1999
Virginie Godet
Centre de Recherche en Economie et Gestion Appliquée à la
Santé
INSERM U 537
Travail réalisé sous la direction dIsabelle Hirtzlin
Présentation
Ce document est une synthèse des résultats obtenus à
partir de lanalyse statistique du questionnaire qui vous est parvenu
entre janvier et mars 1999.
Il sagissait dune enquête réalisée dans le
cadre dun travail de DEA en économie de la santé, grâce
au soutien financier de lAssociation Française de Recherche
Génétique et des laboratoires Biogalénique.
Le but de cette enquête était que chaque personne
atteinte dune maladie génétique rare retrace, le plus
fidèlement possible, son parcours au sein du système de soins
jusquau diagnostic définitif de sa maladie. A charge pour
nous ensuite didentifier les difficultés rencontrées
par les personnes malades.
Le taux de réponse à cette enquête a été
élevé puisque la moitié de ceux qui ont reçu
le questionnaire la rempli et renvoyé. Je tiens donc ici
à remercier tous ceux sans qui létude naurait pas
eu lieu :
-
les associations de malades et les consultations spécialisées
qui ont bien voulu réaliser lenvoi de ce
questionnaire ;
-
et surtout toutes les personnes atteintes de maladie génétique
rare qui ont bien voulu maccorder de leur temps en remplissant ce
questionnaire.
Avertissement
Cette enquête a finalement permis didentifier les
caractéristiques du parcours de 532 personnes atteintes de cinq maladies
génétiques rares différentes (Maladie de Gilles
de la Tourette, Syndrome de Lowe, Maladies héréditaires du
métabolisme, Maladie de Von Hippel-Lindau, Ostéogenèse
imparfaite).
Notre échantillon de 532 personnes se répartit ainsi entre
les cinq pathologies :
Graphique 1 : Répartition de léchantillon par
pathologie
Attention, notre échantillon na pas vocation à
être représentatif de la population des personnes atteintes
de maladie génétique rare. Dabord parce quil
ne représente pas toutes les maladies, ensuite parce que seule la
population déjà diagnostiquée est accessible, et enfin
parce que nous ne connaissons pas la représentativité de la
population interrogée. En effet, le fait dappartenir à
une association de malades ou davoir accès à une consultation
spécialisée peut être lié à certaine
caractéristique de la population.
Les tentatives de généralisation nétant dans ce
cas possibles quau prix dhypothèses fortes, nous avons
simplement cherché à améliorer la connaissance des parcours
individuels des personnes interrogées, des premiers symptômes
au diagnostic de leur maladie.
Résumé des principaux
résultats
Les résultats que nous vous présentons ici, concernant votre
pathologie, sont tirés dun travail de DEA en Economie de la
santé intitulé " Analyse économique des réseaux
et filières de soins pour le diagnostic des maladies
génétiques rares ", qui portait sur les cinq maladies
rares choisies.
Nous partions de lhypothèse que linorganisation
du système venait renforcer la méconnaissance du corps
médical vis-à-vis des maladies génétiques rares
et cela nous laissait penser que les trajectoires diagnostiques des malades
relevaient d'initiatives individuelles et dopportunités ponctuelles
plus que d'une réelle prise en charge médicale
organisée.
Lanalyse des données issues de notre enquête nous a permis
de vérifier cette hypothèse et dexaminer dans le détail
les trajectoires suivies par les patients jusquau diagnostic de leur
maladie. Nous avons en particulier montré les rôles
déterminants du premier recours au système de soins,
du type de producteur de soins rencontré (ville ou hôpital),
et de la maladie elle-même dans le parcours des malades (en
terme de longueur de la trajectoire, de type de prescription, dorientation
des patients
). Certains dysfonctionnements inhérents au
système de soins mais exacerbés dans le cas des maladies rares
ont été mis en lumière, notamment le problème
de la circulation de linformation médicale. Lanalyse
conjointe de ces dysfonctionnements et des exemples de coopération
(consultations multidisciplinaires,
) pour les maladies rares, nous
ont permis de souligner lintérêt de la mise en uvre
de réseaux de soins pour ces pathologies..
Détails des réponses au
questionnaire
Nous avons choisi ici de détailler les résultats de notre
analyse statistique en mettant en parallèle les résultats pour
votre pathologie et les résultats pour notre échantillon global
de 532 personnes. Cela permet de réaliser quelques comparaisons
et de situer votre pathologie parmi les 5 que nous avions choisies.
Nous avons décidé de présenter ces résultats
en six grandes parties :
-
la présentation de léchantillon ;
-
le premier contact avec le système de soins ;
-
les trajectoires, cest à dire la succession des contacts avec
le système de soins qua eu la personne malade jusquau
diagnostic de la maladie ;
-
le diagnostic définitif ;
-
linformation des personnes malades.
Présentation de
léchantillon
ATTENTION : Nous tenons à vous rappeler une fois de plus que
tous les résultats qui vont vous être donnés ici ne
concernent que les personnes ayant répondu au questionnaire et pas
la population des malades en général
Léchantillon des malades atteints de la maladie de Gilles de
la Tourette est composé de 65 malades. Ils appartiennent à
100% à une association de malade, ce qui est normal puisque cest
lassociation qui a adressé le courrier à ses membres.
Qui remplit ?
Le questionnaire a été rempli à 79,7% par les parents
denfants malades et à 18,8% par la personne malade elle-même.
Âge et sexe
Les répartitions par âge et par sexe sont conformes à
lhistoire de la maladie.
-
Lâge moyen des malades est de 22 ans et demi (contre
21 ans et 6 mois dans léchantillon total). Les âges
extrêmes sont de 8 ans et 54 ans.
-
Les malades sont à 81,3% des garçons et à 18,8% des
filles.
Lieu de résidence
70,8% des malades habitent en province, ce qui est dans la moyenne
de léchantillon total et un peu moins que la population
française en général (87,3% des français habitent
en province selon le dernier recensement de la population. INSEE, 1999).
Couverture sociale
La couverture sociale des malades est dans 50,8% des cas, une prise en
charge à 100%, ce qui est moins que dans léchantillon
total (69,2%). Pour les autres, le cas le plus fréquent est
lassociation dune sécurité sociale et dune
mutuelle.
Activité professionnelle
Une des caractéristiques importantes de léchantillon
total concerne le travail de la mère. En effet, nombreuses
sont les mères qui ont, à la suite de la maladie, soit
abandonné leur travail, soit diminué leur temps de travail.
Ces résultats sont retracés dans le Tableau 1 et on se rend
compte que le cas de la maladie de Gilles de la Tourette est relativement
atypique puisque les diminutions ou les abandons de
lactivité professionnelle sont peu nombreux. Mais
lorsquils existent, ils concernent à 100% les mères.
Tableau 1 : Changement dans
lactivité professionnelle pour les parents denfants de
moins de 18 ans
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Abandon de
l'activité |
95 |
33,7% |
6 |
17,6% |
| Malade |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Mère |
88 |
92,6% |
6 |
100,0% |
| Parents |
2 |
2,1% |
0 |
0,0% |
| Père |
2 |
2,1% |
0 |
0,0% |
| Autre membre de la famille |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Augmentation de
l'activité |
3 |
0,6% |
1 |
2,9% |
| Malade |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Mère |
2 |
40,0% |
1 |
100,0% |
| Parents |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Père |
1 |
20,0% |
0 |
0,0% |
| Autre membre de la famille |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Diminution de
l'activité |
69 |
13,0% |
3 |
8,8% |
| Malade |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Mère |
57 |
55,9% |
3 |
100,0% |
| Parents |
6 |
5,9% |
0 |
0,0% |
| Père |
2 |
2,0% |
0 |
0,0% |
| Autre membre de la famille |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Pas de modification |
86 |
16,2% |
17 |
50,0% |
Le revenu mensuel des familles est détaillé dans le Tableau
2.
Tableau 2 : Le revenu mensuel
des familles en 1998
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Moins de 3 000f |
16 |
3,4% |
3 |
5,4% |
| De 3 000 à 6 000f |
58 |
12,4% |
8 |
14,3% |
| De 6 000 à 10 000f |
121 |
25,9% |
10 |
17,9% |
| De 10 000 à 20 000f |
179 |
38,3% |
16 |
28,6% |
| De 20 000 à 30 000f |
67 |
14,3% |
13 |
23,2% |
| Plus de 30 000f |
26 |
5,6% |
6 |
10,7% |
| Total |
467 |
100,0% |
56 |
100,0% |
| Non réponse |
65 |
|
9 |
|
Les deux tableaux suivant concernent la composition des familles (Tableau
3 et Tableau 4).
Tableau 3 : Situation maritale
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Célibataire |
167 |
32,9% |
25 |
41,0% |
| Marié |
289 |
57,0% |
30 |
49,2% |
| Veuf |
9 |
1,8% |
2 |
3,3% |
| Divorcé |
42 |
8,3% |
4 |
6,6% |
| Total |
507 |
100,0% |
61 |
100,0% |
| Non réponse |
25 |
|
4 |
|
Tableau 4 : Nombre denfants
de moins de 18 ans dans la famille
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| 0 |
152 |
32,5% |
25 |
43,1% |
| 1 |
159 |
34,0% |
17 |
29,3% |
| 2 |
112 |
23,9% |
12 |
20,7% |
| 3 et plus |
45 |
9,6% |
4 |
6,9% |
| Total |
468 |
100,0% |
58 |
100,0% |
| Non réponse |
64 |
|
7 |
|
Le premier recours au système de
soins
La maladie :
La maladie de Gilles de la Tourette sest toujours (100%)
révélée par des symptômes. Dans 15,4% des
cas, il existe dautres malades dans la famille.
La décision de consulter :
Les premiers symptômes sont apparus en moyenne vers 7 ans
(les valeurs extrêmes étant 2 mois et 26 ans).
Dans 49,2% des cas, à lapparition des symptômes,
les parents ont commencé par attendre et dans 73,8% des cas, ils
ont décidé de consulter un médecin, ce quils
ont fait dans un délai moyen de plus de 2 ans, ce qui est
en moyenne 2 fois plus long que pour les autres maladies. La raison
principale de ce premier recours à un médecin était
la persistance ou laggravation des symptômes (95,4% des
cas).
Le lieu du premier recours :
Le premier recours est lui aussi assez atypique dans notre
enquête : il a lieu dans 80,6% des cas en ville et
dans 19,4% des cas en établissement de soins (hôpital
ou clinique) (contre respectivement 42% et 58% en moyenne dans
lenquête). Cette première consultation a lieu à
proximité du domicile familial, à une distance moyenne de 22,6
kilomètres.
Le médecin consulté est dans 51,8% des cas un spécialiste
lié aux symptômes et dans 29,4% des cas le médecin traitant,
plus précisément : dans 35,5% des cas, le médecin
est un généraliste et dans 64,5% cest un spécialiste.
La répartition en terme de spécialité est
détaillée dans le Tableau 5.
Tableau 5 : Spécialité
du premier médecin rencontré
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Généraliste |
135 |
27,6% |
22 |
35,5% |
| Neurologue |
24 |
4,9% |
9 |
14,5% |
| Pédiatre |
210 |
42,9% |
18 |
29,0% |
| Rhumatologue |
7 |
1,4% |
0 |
0,0% |
| Urologue |
1 |
0,2% |
0 |
0,0% |
| Psychiatre |
11 |
2,2% |
10 |
16,1% |
| Ophtalmologiste |
20 |
4,1% |
0 |
0,0% |
| Généticien |
12 |
2,4% |
0 |
0,0% |
| Autre |
70 |
14,3% |
3 |
4,8% |
| Total |
490 |
100,0% |
62 |
100,0% |
| Non réponse |
42 |
|
3 |
|
Les caractéristiques du contact
initial :
Dans 87,5% des cas, les malades ne sont pas diagnostiqués lors
de ce premier contact (voir Tableau 6), ce qui est bien supérieur
à la population générale de lenquête.
Tableau 6 : Etat du diagnostic
au contact initial
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Non |
316 |
60,3% |
56 |
87,5% |
| Oui, tout de suite |
27 |
5,2% |
4 |
6,3% |
| Oui, après examens complémentaires |
181 |
34,5% |
4 |
6,3% |
| Total |
524 |
100,0% |
64 |
100,0% |
| Non réponse |
8 |
|
1 |
|
Ce contact est loccasion de prescriptions dexamens seulement
dans 21,3% des cas contre 74,8% dans la population totale de
lenquête et elles se répartissent comme suivent (voir
Tableau 7). Cependant, il est important de souligner que 61,5% des personnes
atteintes de la maladie de Gilles de la Tourette se sont vu prescrire
des médicaments contre 37% dans la population
générale de léchantillon.
Tableau 7 : Les prescriptions
au contact initial
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
%* |
Effectif |
%* |
| Sang |
126 |
34,5% |
5 |
38,5% |
| Urine |
113 |
31,0% |
3 |
23,1% |
| Fond de l'il |
71 |
19,5% |
2 |
15,4% |
| Radio |
195 |
53,4% |
2 |
15,4% |
| Scanner |
53 |
14,5% |
3 |
23,1% |
| Echographie |
45 |
12,3% |
0 |
0,0% |
| IRM |
37 |
10,1% |
3 |
23,1% |
| Médicaments |
197 |
37,0%** |
40 |
61,5%** |
| * pourcentage de la population ayant eu des
prescriptions
** pourcentage de la population totale |
11,9% des malades sont hospitalisés lors du contact initial
(contre 54,7% dans la population générale de
lenquête), pour une durée moyenne de 12 jours (de 4 à
21 jours).
33,8% des malades sont, dès le premier contact orientés
vers un autre médecin. On peut replacer ce chiffre dans un contexte
plus général pour montrer son importance. Les analyses menées
sur lensemble de la population française à partir de
lenquête santé 1991-92 ont montré que les renvois
vers un confrère étaient très rares (4% des 2èmes
contacts recommandés par un médecin ont lieu chez un
confrère). Cela signifie donc que les orientations dans le
système de soins sont beaucoup plus nombreuses pour les maladies rares
que pour les autres pathologies. Dans le cas des malades de Gilles de la
Tourette, cest donc davantage que dans la population générale
mais moins que pour les autres maladies analysées (42,9%).
Les trajectoires au sein du système
de soins :
Nous avons souhaité détailler ici les trajectoires des patients
au sein du système de soins, ce qui nous permet de montrer leur
caractère individuel. Pour cela, nous avons choisi deux
indicateurs : le type de producteur de soins rencontré à
chaque contact (Etablissement de soins / médecine de ville) et le
type de médecin rencontré à chaque contact
(Spécialiste / Généraliste). On peut dailleurs
noter deux choses : les personnes qui ont répondu au questionnaire
se souvenaient plus souvent du médecin rencontré que du lieu,
et les réponses sont dautant plus fiables que le nombre de contacts
est restreint et que la trajectoire diagnostique a eu lieu récemment.
En moyenne, il sécoule 7 ans et 7 mois entre les premiers
symptômes et le diagnostic définitif de la maladie. Mais
cette moyenne cache de grandes disparités et lon préfère
présenter ce résultat par classe, comme dans le Tableau 8.
Tableau 8 : Temps écoulé
entre les premiers symptômes et le diagnostic définitif de la
maladie (en classes)
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| moins de 1 mois |
181 |
38,3% |
3 |
4,8% |
| 1 mois - 1 an |
137 |
29,0% |
8 |
12,9% |
| 1 an - 5 ans |
90 |
19,1% |
10 |
16,1% |
| plus de 5 ans |
64 |
13,6% |
16 |
25,8% |
| Total |
472 |
100,0% |
62 |
100,0% |
| Non réponse |
60 |
|
3 |
|
Il faut surtout remarquer le caractère atypique de cette maladie
dans notre échantillon. Seuls 4,8% des malades sont
diagnostiqués en moins dun mois (contre 38,3% dans
léchantillon total) et la majeure partie des malades (25,8%)
est diagnostiquée après plus de 5 ans (contre 13,6% de
léchantillon total). Le nombre moyen de contact est de 5 (avec
là encore de grandes disparités voir Tableau 9)
Tableau 9 : Nombre de contacts
avec le système de soins jusquau diagnostic
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| 1 contact |
216 |
40,8% |
9 |
13,8% |
| entre 2 et 5 contacts |
215 |
40,6% |
28 |
43,1% |
| entre 6 et 9 contacts |
81 |
15,3% |
23 |
35,4% |
| plus de 10 contacts |
18 |
3,4% |
5 |
7,7% |
| Total |
530 |
100,0% |
65 |
100,0% |
| Non réponse |
2 |
|
0 |
|
Il est remarquable que 35,4% des malades ont entre 6 et 9 contacts,
contre 15,3% dans léchantillon total.
Tableau 10 : Les contacts avec le système de soins par type
de producteur (ville / établissement de soins)
Considérons dans un premier temps les contacts par producteurs de
soins :
Il existe 37 trajectoires différentes (on exclut de
létude les trajectoires pour lesquelles le premier contact
nest pas renseigné), ce qui est beaucoup puisquon a ici
seulement 65 malades. On peut donc penser que les trajectoires sont
très individuelles :
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu en ville
(78,5% des malades) sont au nombre de 32.
-
La plus fréquente est de type " ville / ville" et concerne 4
malades.
-
Il y a 3 trajectoires que lon peut dire courtes, de 2
contacts ou moins, qui concernent 16,9% des malades.
-
22 trajectoires (68,8% des " trajectoires-ville ")
sont longues, de 5 contacts ou plus et concernent 28 personnes (43,1%
des malades), ce qui est beaucoup. Contrairement à ce qui
se passait pour les autres pathologies de létude, ici, les
trajectoires qui débutent en ville sont très nombreuses et
ont tendance à être longues.
-
dans 9 trajectoires, les malades (20%) sont orientés
dès le premier contact, or nos analyses générales
ont montré que les trajectoires ont tendance à être plus
courtes, en ville, lorsque les malades sont orientés dès le
premier contact.
-
7 trajectoires sont homogènes sur les 32. Cela signifie
que lorsque la personne malade consulte en ville la première fois,
elle aura souvent, au cours de sa trajectoire, des contacts à
lhôpital. Elles concentrent un nombre relativement important
de malades (21,5%).
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu à
lhôpital (18,5% des malades) sont beaucoup moins nombreuses
que les trajectoires débutant en ville : 5 trajectoires
différentes. Elles sont aussi beaucoup moins nombreuses que
pour les autres pathologies.
-
la plus fréquente est de type " hôpital / hôpital "
et concerne 7 malades
-
une seule trajectoire est courte (2 contacts ou moins) et concerne
seulement 7 malades (10,8% des malades). Contrairement à ce qui
se passait dans le reste de létude, la fait de consulter à
lhôpital lors du premier contact ne permet pas dans le cas des
personnes atteintes de la maladie de Gilles de la Tourette, de réduire
le nombre de contacts et donc daccélérer le diagnostic.
-
on dénombre 1 trajectoire longue qui ne représente quun
malade, alors quen ville les trajectoires longues concernaient 28
personnes.
-
les malades ne sont jamais orientés, mais il faut bien avoir
en tête quils sont très peu nombreux.
-
3 trajectoires sur 5 sont homogènes, ce qui signifie que
lorsquon a consulté à lhôpital la première
fois, les consultations qui suivent auront le plus souvent aussi lieu à
lhôpital (même si ce nest pas forcément le
même).
Tableau 11 : Les contacts avec le système de soins par type
de médecin rencontré.
Considérons dans un second temps les contacts par type de
médecins :
Il existe 36 trajectoires différentes (on exclut de
létude les trajectoires pour lesquelles le premier contact
nest pas renseigné), ce qui est là encore beaucoup :
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu chez un
généraliste (32,3,7% des malades) sont au nombre de
18.
-
La plus fréquente est de type " Généraliste -
Généraliste " et concerne 2 malades.
-
Il y a une seule trajectoire (soit 5,6% des trajectoires) que lon
peut dire courte, de 2 contacts ou moins, qui ne concerne que 3,1%
des malades.
-
15 (83,3% des trajectoires) trajectoires sont longues, de 5
contacts ou plus et concernent 15 personnes (23,4% des malades, mais
71,4% des malades qui consultent un généraliste).
Autant dire que ces trajectoires sont individuelles et que le fait de
consulter un généraliste en premier recours a tendance à
impliquer une trajectoire plus longue.
-
dans 9 trajectoires, les malades (10 personnes) sont orientés
dès le premier contact, or cela est positif puisque nos analyses
globales ont montré que les trajectoires ont tendance à être
plus courtes, en ville, lorsque les malades sont orientés dès
le premier contact.
-
Il ny a aucune trajectoire homogène, ce qui signifie
que lorsquune personne a consulté un généraliste
la première fois, il y aura, parmi les contacts suivants, toujours
des contacts chez un spécialiste.
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu chez un
spécialiste (67,2% des malades) sont aussi nombreuses que les
trajectoires débutant chez un généraliste :
14 trajectoires différentes ; mais elles concernent
2 fois plus de malades. Elles sont donc un peu moins individuelles que
les premières.
-
la plus fréquente est de type " spécialiste /
spécialiste " mais ne concerne que 9 malades
-
2 trajectoires sont courtes (2 contacts ou moins) et concernent
10 malades (15,6% des malades), ce qui est peu.
-
En revanche, on dénombre 13 trajectoires longues qui concernent
31,3% des malades. Cela est assez surprenant par rapport aux autres
pathologies de lenquête puisque lorsque les malades consultaient
un spécialiste, les trajectoires courtes étaient plus nombreuses
que les longues, ce qui nest pas le cas ici. Autant dire que la maladie
de Gilles de la Tourette, est dans cette étude, la maladie pour laquelle
les trajectoires sont de loin les plus individuelles et les plus longues.
-
les malades sont moins souvent (3 personnes contre 10 en ville)
orientés quand le premier contact a lieu chez un spécialiste,
ce qui semble logique puisque pour des maladies graves et rares, la
compétence des spécialistes de lun des organes
concernés est plus grande que celle du généraliste,
à qui on ne peut raisonnablement pas demander de tout
connaître.
-
Cela est corroboré par le fait que les trajectoires sont plus
homogènes (10 trajectoires qui concernent 32 malades), ce qui signifie
que lorsquon a consulté un spécialiste la première
fois, les consultations qui suivent auront souvent lieu chez un spécialiste
(même si ce nest pas forcément le même).
On peut donc dire ici que les trajectoires des malades sont très
individuelles et surtout longues. Les malades atteints de la maladie
de Gilles de la Tourette sont sans conteste les malades ayant les durées
les plus longues ( et le nombre le plus élevé de contacts)
entre les premiers symptômes et le diagnostic définitif de leur
maladie ; et ce quils aient consulté dabord en ville
ou à lhôpital, un généraliste ou un
spécialiste.
Le diagnostic définitif de la
maladie
les caractéristiques du contact diagnostic
Les malades ont en moyenne 19 ans au diagnostic définitif de leur
maladie.
Le diagnostic définitif a lieu dans 71,9% des cas dans un
établissement de soins (contre 87,1% dans léchantillon
total) et dans 95,1% des cas auprès dun spécialiste (contre
94,4% des cas dans léchantillon total). Il faut noter le nombre
important de malades diagnostiqués en ville.
Il a lieu dans 84,1% des cas dans la région de résidence du
malade.
Cest dans 62,5% des cas un médecin qui a conseillé
lendroit, dont 37,5% le dernier médecin consulté.
Ce sont à 14,1% les parents qui ont décidé seuls
de consulter à cet endroit, ce qui est davantage que dans
léchantillon total (10,9%). Dans 18,8%, cest
lassociation de malade qui a conseillé lendroit, ce qui
suggère que la maladie avait déjà été
présumée avant le diagnostic définitif.
Les prescriptions au contact définitif
Dans 54% des cas, le diagnostic définitif a lieu
immédiatement, même si des examens sont prescrits dans 51,6%
des cas.
Dans 64,6% des cas, la maladie et ses conséquences sont
révélées immédiatement.
Personne na eu recours à un diagnostic prénatal ou
présymptomatique pour la bonne raison quil nen existe
pas pour linstant.
La prise en charge de la
maladie
La prise en charge médicale
Le lieu de cette prise en charge est détaillé dans le Tableau
12.
Tableau 12 : La prise en charge
médicale
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Dans le service du diagnostic |
269 |
50,6% |
36 |
55,4% |
| Dans un autre service |
176 |
33,1% |
19 |
29,2% |
| Pas de prise en charge
organisée |
141 |
26,5% |
19 |
29,2% |
| Autre |
133 |
25,0% |
9 |
13,8% |
Il paraît important de noter que 29,2% des malades ne font pas
lobjet dune prise en charge médicale organisée,
ce qui est proche de la moyenne de léchantillon total (26,5%).
Lorsque cette prise en charge est organisée, elle lest en
majorité (55,4%) auprès du médecin qui a posé
le diagnostic. Les contacts avec les médecins ont lieu le plus souvent
(72,1%) tous les trois mois.
La prise en charge financière
25,9% des personnes interrogées déclarent avoir des
problèmes financiers dus à la prise en charge de la
maladie, ce qui est peu par rapport à léchantillon
total (44,7%). Ils se répartissent comme suit (voir Tableau
13) :
Tableau 13 : Les problèmes
liés à la prise en charge financière de la maladie
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Remboursement de certains soins |
83 |
15,6% |
5 |
7,7% |
| remboursement de médicaments |
50 |
9,4% |
1 |
1,5% |
| prise en charge des transports |
97 |
18,2% |
9 |
13,8% |
| paiement des arrêts de travail |
23 |
4,3% |
0 |
0,0% |
| appareillages |
27 |
5,1% |
0 |
0,0% |
| arrêts de travail |
33 |
6,2% |
1 |
1,5% |
| alimentation diététique |
19 |
3,6% |
0 |
0,0% |
| plus aujourd'hui |
17 |
3,2% |
0 |
0,0% |
| autres traitements |
13 |
2,4% |
7 |
10,8% |
| autres |
24 |
4,5% |
1 |
1,5% |
Mais cela cache des disparités puisque si 46,8% déclarent
dépenser moins de 1000 francs par an pour la maladie, ils sont
10,6% à déclarer plus de 10 000 francs (contre 4,7%
dans léchantillon total).
Information des malades
Tous les malades interrogés appartiennent à une association
de malades. Ils ont eu connaissance de son existence à 58,5%
par la télévision et les journaux et seulement à
16,9%par un médecin (voir Tableau 14).
Tableau 14 : Connaissance de
lassociation de malades
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Médecin |
154 |
28,9% |
11 |
16,9% |
| Famille |
15 |
2,8% |
1 |
1,5% |
| Bouche à oreille, amis |
56 |
10,5% |
8 |
12,3% |
| Télévision, journaux |
106 |
19,9% |
38 |
58,5% |
| Autre |
35 |
6,6% |
9 |
13,8% |
Le premier contact a majoritairement lieu après le diagnostic
définitif de la maladie et les apports de lassociation sont
les suivants (voir Tableau 15)
Tableau 15 : Les apports de
lassociation de malades (plusieurs réponses sont possibles)
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Soutien financier |
2 |
0,4% |
0 |
0,0% |
| Soutien psychologique |
156 |
29,3% |
36 |
55,4% |
| Informations sur la prise en charge par la
sécurité sociale |
102 |
19,2% |
8 |
12,3% |
| Informations sur la maladie |
333 |
62,6% |
57 |
87,7% |
| Informations sur les professionnels
de santé |
165 |
31,0% |
28 |
43,1% |
| Autres |
28 |
5,3% |
6 |
9,2% |
Les apports de lassociation concernent : les informations sur
la maladie (87,7%), le soutien psychologique (55,4%) et les informations
sur les professionnels de santé (43,1%).
Les attentes, quant à elles sont les suivantes (voir Tableau 16)
Tableau 16 : Les attentes
vis-à-vis de lassociation de malades
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Soutien financier |
20 |
3,8% |
1 |
1,5% |
| Soutien psychologique |
80 |
15,0% |
17 |
26,2% |
| Informations sur la prise en charge par la
sécurité sociale |
70 |
13,2% |
10 |
15,4% |
| Informations sur la maladie |
134 |
25,2% |
28 |
43,1% |
| Informations sur les professionnels
de santé |
131 |
24,6% |
27 |
41,5% |
| Autres |
51 |
9,6% |
16 |
24,6% |
On peut souligner que dans la catégorie " Autres ", on trouve
souvent " soutien à la recherche ".
On doit aussi noter que les malades dans leur ensemble connaissent mal
les systèmes dinformation à leur disposition, même
si les personnes atteintes de la maladie de Gilles de la Tourette et leurs
familles semblent mieux informées.
-
20% ont eu recours à lAFRG (contre 9,3% dans
léchantillon total) ;
-
10% ont eu recours à Allo-gènes (contre 8,4% dans
léchantillon total) ;
-
et 3,4% ont eu recours à _ (contre 6,2% dans
léchantillon total).
Les raisons de leur recours à ces moyens dinformation sont
détaillées dans le Tableau 17.
Tableau 17 : Les raisons du recours
à un moyen dinformation (plusieurs réponses sont
possibles)
| |
Population totale de léchantillon |
Maladie de Gilles de la Tourette |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| AFRG |
|
|
|
|
| Informations sur la maladie |
20 |
3,8% |
5 |
7,7% |
| Adresse des professionnels de santé |
10 |
1,9% |
3 |
4,6% |
| adresses d'associations de malades |
14 |
2,6% |
3 |
4,6% |
| Autres |
12 |
2,3% |
3 |
4,6% |
| Allo-gènes |
|
|
|
|
| Informations sur la maladie |
25 |
4,7% |
5 |
7,7% |
| Adresse des professionnels de santé |
10 |
1,9% |
4 |
6,2% |
| adresses d'associations de malades |
17 |
3,2% |
2 |
3,1% |
| Autres |
4 |
0,8% |
0 |
0,0% |
| _ |
|
|
|
|
| Informations sur la maladie |
24 |
4,5% |
1 |
1,5% |
| Adresse des professionnels de santé |
6 |
1,1% |
1 |
1,5% |
| adresses d'associations de malades |
10 |
1,9% |
1 |
1,5% |
| Autres |
6 |
1,1% |
0 |
0,0% |
Conclusion
Lanalyse de ce questionnaire a donc permis de révéler
les principales caractéristiques des trajectoires des personnes atteintes
de la Maladie de Gilles de la Tourette, qui avaient répondu à
notre enquête.
Cette maladie est assez atypique dans notre enquête et on peut retenir
de cette analyse quelques points saillants.
Concernant les caractéristiques générales de la
population :
-
les malades sont moins souvent couverts à 100% que dans le reste de
létude (50,8% contre 69,2%).
-
Contrairement aux autres maladies représentées, les mères
des enfants malades ont rarement abandonné leur activité
professionnelle ou diminué leur temps de travail pour soccuper
de leur (s) enfant (s).
Concernant les trajectoires :
-
A lapparition des symptômes, les parents ont davantage tendance
à attendre et ne consultent que dans un second temps, parce que les
symptômes persistent ou saggravent.
-
Le premier recours à un médecin a très souvent lieu
en ville dans 80,6% des cas (contre 42% dans la population générale
de lenquête) et les malades ne sont alors pas diagnostiqués
dans 87,5% des cas (contre 60,3% en moyenne dans lenquête).
-
On peut ajouter à ce tableau assez sombre que les malades sont assez
rarement orientés vers un autre professionnel de santé, alors
que lon a montré ailleurs que lorsque les malades sont
orientés dès leur premier contact avec le système de
soins, leur trajectoire a tendance à être plus courte que celles
des autres.
Il faut en effet noter que parmi lensemble des malades, les trajectoires
des personnes atteintes de la maladie de Gilles de la Tourette sont en moyenne
les plus longues (25,8% ont des trajectoires de plus de 5 ans contre 13,6%
en moyenne dans léchantillon), quelles débutent
en ville ou à lhôpital. Cela tient peut-être au
fait quelles ont des symptômes neurologiques évolutifs
et parfois proches dautres pathologies.
-
La prise en charge médicale semble assez bien organisée, même
si 29,2% des malades déclarent ne pas en avoir.
-
Enfin, on peut noter les difficultés financières liées
à la maladie qui concernant surtout le remboursement des transports
et de certains soins. Il faut en particulier souligner que plus de 10% des
malades déclarent dépenser plus de 10 000f par an pour la maladie,
après remboursement par la sécurité sociale.
Concernant les associations de malades :
-
Ce sont les médias (58,5%) et les médecins (16,9%) qui ont
fait connaître lassociation.
-
Les apports de lassociation concernent : les informations sur
la maladie (87,7%), le soutien psychologique (55,4%) et les informations
sur les professionnels de santé (43,1%).
-
Ils en attendent : des informations sur la maladie (43,1%) et sur les
professionnels de santé (41,5%).
Globalement, on peut dire aussi quils connaissent assez mal les lieux
ou les outils dinformation à leur disposition comme lAFRG,
Allo-Gènes ou _.
Début de la page
Retour aux Assises