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La prise en charge diagnostique
des personnes atteintes
dOstéogenèse Imparfaite
Résultats de
lenquête réalisée entre janvier et mars 1999
Virginie Godet
Centre de Recherche en Economie et Gestion appliquée à la
santé
INSERM U 537
Travail réalisé sous la direction dIsabelle Hirtzlin
Présentation
Ce document est une synthèse des résultats obtenus à
partir de lanalyse statistique du questionnaire qui vous est parvenu
entre janvier et mars 1999.
Il sagissait dune enquête réalisée dans le
cadre dun travail de DEA en économie de la santé, grâce
au soutien financier de lAssociation Française de Recherche
Génétique et des laboratoires Biogalénique.
Le but de cette enquête était que chaque personne
atteinte dune maladie génétique rare retrace, le plus
fidèlement possible, son parcours au sein du système de soins
jusquau diagnostic définitif de sa maladie. A charge pour
nous ensuite didentifier les difficultés rencontrées
par les personnes malades.
Le taux de réponse à cette enquête a été
élevé puisque la moitié de ceux qui ont reçu
le questionnaire la rempli et renvoyé. Je tiens donc ici
à remercier tous ceux sans qui létude naurait pas
eu lieu :
-
les associations de malades et les consultations spécialisées
qui ont bien voulu réaliser lenvoi de ce
questionnaire ;
-
et surtout toutes les personnes atteintes de maladie génétique
rare qui ont bien voulu maccorder de leur temps en remplissant ce
questionnaire.
Avertissement
Cette enquête a finalement permis didentifier les
caractéristiques du parcours de 532 personnes atteintes de cinq maladies
génétiques rares différentes (Maladie de Gilles
de la Tourette, Syndrome de Lowe, Maladies héréditaires du
métabolisme, Maladie de Von Hippel-Lindau, Ostéogenèse
imparfaite).
Notre échantillon de 532 personnes se répartit ainsi entre
les cinq pathologies :
Graphique 1 : Répartition de léchantillon par
pathologie
Attention, notre échantillon na pas vocation à
être représentatif de la population des personnes atteintes
de maladie génétique rare. Dabord parce quil
ne représente pas toutes les maladies, ensuite parce que seule la
population déjà diagnostiquée est accessible, et enfin
parce que nous ne connaissons pas la représentativité de la
population interrogée. En effet, le fait dappartenir à
une association de malades ou davoir accès à une consultation
spécialisée peut être lié à certaines
caractéristiques de la population.
Les tentatives de généralisation nétant dans ce
cas possibles quau prix dhypothèses fortes, nous avons
simplement cherché à améliorer la connaissance des parcours
individuels des personnes interrogées, des premiers symptômes
au diagnostic de leur maladie.
Résumé des principaux
résultats
Les résultats que nous vous présentons ici, concernant votre
pathologie, sont tirés dun travail de DEA en Economie de la
santé intitulé " Analyse économique des réseaux
et filières de soins pour le diagnostic des maladies
génétiques rares ", qui portait sur les cinq maladies
rares choisies.
Nous partions de lhypothèse que linorganisation
du système venait renforcer la méconnaissance du corps
médical vis-à-vis des maladies génétiques rares
et cela nous laissait penser que les trajectoires diagnostiques des malades
relevaient d'initiatives individuelles et dopportunités ponctuelles
plus que d'une réelle prise en charge médicale
organisée.
Lanalyse des données issues de notre enquête nous a permis
de vérifier cette hypothèse et dexaminer dans le détail
les trajectoires suivies par les patients jusquau diagnostic de leur
maladie. Nous avons en particulier montré les rôles
déterminants du premier recours au système de soins,
du type de producteur de soins rencontré (ville ou hôpital),
et de la maladie elle-même dans le parcours des malades (en
terme de longueur de la trajectoire, de type de prescription, dorientation
des patients
). Certains dysfonctionnements inhérents au
système de soins mais exacerbés dans le cas des maladies rares
ont été mis en lumière, notamment le problème
de la circulation de linformation médicale. Lanalyse
conjointe de ces dysfonctionnements et des exemples de coopération
(consultations multidisciplinaires,
) pour les maladies rares, nous
ont permis de souligner lintérêt de la mise en uvre
de réseaux de soins pour ces pathologies.
Détails des réponses au
questionnaire
Nous avons choisi ici de détailler les résultats de notre
analyse statistique en mettant en parallèle les résultats pour
votre pathologie et les résultats pour notre échantillon global
de 532 personnes. Cela permet de réaliser quelques comparaisons
et de situer votre pathologie parmi les 5 que nous avions choisies.
Nous avons décidé de présenter ces résultats
en six grandes parties :
-
la présentation de léchantillon ;
-
le premier contact avec le système de soins ;
-
les trajectoires, cest à dire la succession des contacts avec
le système de soins qua eu la personne malade jusquau
diagnostic de la maladie ;
-
le diagnostic définitif ;
-
linformation des personnes malades.
Présentation de
léchantillon
ATTENTION : Nous tenons à vous rappeler une fois de plus que
tous les résultats qui vont vous être donnés ici ne
concernent que les personnes ayant répondu au questionnaire et pas
la population des malades en général
Léchantillon des malades atteints dOstéogenèse
Imparfaite est composé de 211 malades. 97,2% appartiennent
à une association de malade, ce qui est normal puisque cest
lassociation qui a adressé le courrier à ses membres.
Qui remplit ?
Le questionnaire a été rempli à 46% par les parents
denfants malades et à 53,1% par la personne malade
elle-même.
Âge et sexe
Les répartitions par âge et par sexe sont conformes à
lhistoire de la maladie. Lâge moyen des malades
est de 26 ans (contre 21 ans et 6 mois dans léchantillon
total). Les âges extrêmes sont moins dun an et 74 ans.
Les malades sont à 37,3% des garçons et à 62,7% des
filles.
Lieu de résidence
81,5% des malades habitent en province, ce qui est un peu plus que
le reste de léchantillon (29,3%) et un peu moins que la population
française en général (87,3% des français habitent
en province selon le dernier recensement de la population. INSEE, 1999).
La couverture sociale
La couverture sociale des malades est dans 58,3% des cas, une
prise en charge à 100%, ce qui est moins que dans
léchantillon total (69,2%) ; ce qui peut tenir au fait
quil y a dans léchantillon des malades relativement
âgés, diagnostiqués il y a longtemps et dont la maladie
sest probablement stabilisée. Dans ce cas, la prise en charge
à 100% na pas été renouvelée. Pour les
autres, le cas le plus fréquent est lassociation dune
sécurité sociale et dune mutuelle. On peut aussi noter,
même sils sont en faible proportion (2,4%), quil y a des
malades relevant de lAide Médicale Gratuite.
Lactivité professionnelle
Une des caractéristiques importantes de cet échantillon concerne
le travail de la mère. En effet, nombreuses sont les mères
qui ont, à la suite de la maladie, soit abandonné leur travail,
soit diminué leur temps de travail. Ces résultats sont
retracés dans le Tableau 1.
Tableau 1 : Changement dans
lactivité professionnelle pour les parents denfants de
moins de 18 ans
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% du ss échantillon |
Effectif |
% |
| Abandon de
l'activité |
95 |
33,7% |
36 |
42,4% |
| Malade |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Mère |
88 |
92,6% |
34 |
94,4% |
| Parents |
2 |
2,1% |
1 |
2,8% |
| Père |
2 |
2,1% |
1 |
2,8% |
| Autre membre de la famille |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Augmentation de
l'activité |
3 |
0,6% |
1 |
1,2% |
| Malade |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Mère |
2 |
40,0% |
1 |
100,0% |
| Parents |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Père |
1 |
20,0% |
0 |
0,0% |
| Autre membre de la famille |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Diminution de l'activité |
69 |
13,0% |
22 |
25,9% |
| Malade |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Mère |
57 |
55,9% |
18 |
81,8% |
| Parents |
6 |
5,9% |
2 |
9,1% |
| Père |
2 |
2,0% |
1 |
4,5% |
| Autre membre de la famille |
0 |
0,0% |
0 |
0,0% |
| Pas de modification |
86 |
16,2% |
25 |
29,4% |
On voit que lorsquil y a eu abandon de lactivité
professionnelle (42,4%) cela a concerné les mères
dans 94,4% des cas. Lorsquil y a eu diminution de
lactivité (25,9% des cas), cela concerne majoritairement
la mère (81,8%).
Le revenu mensuel des familles est détaillé dans le Tableau
2.
Tableau 2 : Le revenu mensuel
des familles en 1998
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Moins de 3 000f |
16 |
3,4% |
5 |
2,7% |
| De 3 000 à 6 000f |
58 |
12,4% |
31 |
16,8% |
| De 6 000 à 10 000f |
121 |
25,9% |
59 |
32,1% |
| De 10 000 à 20 000f |
179 |
38,3% |
63 |
34,2% |
| De 20 000 à 30 000f |
67 |
14,3% |
20 |
10,9% |
| Plus de 30 000f |
26 |
5,6% |
6 |
3,3% |
| Total |
467 |
100,0% |
184 |
100,0% |
| Non réponse |
65 |
|
27 |
|
Les deux tableaux suivant concernent la composition des familles (Tableau
3 et Tableau 4).
Tableau 3 : Situation maritale
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Célibataire |
167 |
32,9% |
68 |
33,2% |
| Marié |
289 |
57,0% |
111 |
54,1% |
| Veuf |
9 |
1,8% |
6 |
2,9% |
| Divorcé |
42 |
8,3% |
20 |
9,8% |
| Total |
507 |
100,0% |
205 |
100,0% |
| Non réponse |
25 |
|
6 |
|
Tableau 4 : Nombre denfants
de moins de 18 ans dans la famille
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| 0 |
152 |
32,5% |
68 |
38,6% |
| 1 |
159 |
34,0% |
51 |
29,0% |
| 2 |
112 |
23,9% |
41 |
23,3% |
| 3 et plus |
45 |
9,6% |
16 |
9,1% |
| Total |
468 |
100,0% |
176 |
100,0% |
| Non réponse |
64 |
|
35 |
|
Le premier recours au système de
soins
La maladie :
Lostéogenèse imparfaite sest
révélée dans 51% des cas par des symptômes
et dans 37,5% de façon fortuite. Dans 11,5% des cas, la maladie a
été révélée à la suite dun
examen systématique. Dans 48,6% des cas, il existe dautres
malades dans la famille.
La décision de consulter :
Les premiers symptômes sont apparus en moyenne à près
dun an (les valeurs extrêmes étant 1 jour et 55
ans). Mais cette moyenne cache de grandes disparités :
-
41,5% des malades ont eu des premiers symptômes dès
la naissance ;
-
et ils sont globalement 70,2% à avoir eu des symptômes
avant lâge d1 an.
Dans 80,1% des cas, les parents ont décidé de consulter
un médecin, ce quils ont fait dans un délai moyen
dun mois, mais cela cache des disparités : 43,5%
consultent immédiatement et 13,7% ne consultent que plus dun
an après . La raison principale de ce premier recours à un
médecin était une fracture (65,4% des cas).
Le lieu du premier recours :
Le premier recours a lieu dans 67,9% des cas dans un
établissement de soins (clinique ou hôpital) et dans 32,1%
des cas en ville. Cette première consultation a lieu à
proximité du domicile familial, à une distance moyenne
de 30 kilomètres.
Le médecin consulté est
-
dans 51,8% des cas un spécialiste lié aux
symptômes ;
-
et dans 29,4% des cas le médecin traitant.
La répartition en terme de spécialité est
détaillée dans le Tableau 5.
Tableau 5 : Spécialité
du premier médecin rencontré
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Généraliste |
135 |
27,6% |
60 |
31,9% |
| Neurologue |
24 |
4,9% |
3 |
1,6% |
| Pédiatre |
210 |
42,9% |
68 |
36,2% |
| Rhumatologue |
7 |
1,4% |
7 |
3,7% |
| Urologue |
1 |
0,2% |
|
0,0% |
| Psychiatre |
11 |
2,2% |
|
0,0% |
| Ophtalmologiste |
20 |
4,1% |
|
0,0% |
| Généticien |
12 |
2,4% |
3 |
1,6% |
| Autre |
70 |
14,3% |
47 |
25,0% |
| Total |
490 |
100,0% |
188 |
100,0% |
| Non réponse |
42 |
|
23 |
|
Ici, le " Autre " est souvent le radiologue.
Dans 31,9% des cas, le médecin est un généraliste et
dans 68,1% cest un spécialiste.
Les caractéristiques du contact
initial :
Dans 61,3% des cas, les malades sont diagnostiqués lors de ce premier
contact (voir Tableau 6), ce qui est beaucoup plus que dans notre
échantillon général.
Tableau 6 : Etat du diagnostic
au contact initial
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Non |
316 |
60,3% |
80 |
38,6% |
| Oui, tout de suite |
27 |
5,2% |
16 |
7,7% |
| Oui, après examens
complémentaires |
181 |
34,5% |
111 |
53,6% |
| Total |
524 |
100,0% |
207 |
100,0% |
| Non réponse |
8 |
|
4 |
|
Ce contact est loccasion de prescriptions dans 84,5%
des cas et elles se répartissent comme suivent (voir Tableau 7)
Tableau 7 : Les prescriptions
au contact initial
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
%* |
Effectif |
%* |
| Sang |
126 |
34,5% |
23 |
14,1% |
| Urine |
113 |
31,0% |
21 |
12,9% |
| Fond de l'il |
71 |
19,5% |
16 |
9,8% |
| Radio |
195 |
53,4% |
147 |
90,2% |
| Scanner |
53 |
14,5% |
2 |
1,2% |
| Echographie |
45 |
12,3% |
10 |
6,1% |
| IRM |
37 |
10,1% |
3 |
1,8% |
| Médicaments |
197 |
37,0%** |
56 |
26,5%** |
| * pourcentage de la population ayant eu des
prescriptions
**pourcentage de la population totale |
44,7% des malades sont hospitalisés lors du contact initial,
pour une durée moyenne de 26 jours (de 0 à 270 jours).
36% des malades sont, dès le premier contact orientés vers
un autre médecin. On peut replacer ce chiffre dans un contexte
plus général pour montrer son importance. Une étude
menée partir de lenquête santé 1991-92 a montré
que les renvois vers un confrère étaient très rares
(4% des 2èmes contacts recommandés par un médecin ont
lieu chez un confrère). Cela signifie donc que les orientations
dans le système de soins sont beaucoup plus nombreuses pour les maladies
rares que pour les autres pathologies.
Les trajectoires au sein du système
de soins :
Nous avons souhaité détailler ici les trajectoires des patients
au sein du système de soins, ce qui nous permet de montrer leur
caractère individuel. Pour cela, nous avons choisi deux
indicateurs : le type de producteur de soins rencontré à
chaque contact (Etablissement de soins / médecine de ville) et le
type de médecin rencontré à chaque contact
(Spécialiste / Généraliste). On peut dailleurs
noter deux choses : les personnes qui ont répondu au questionnaire
se souvenaient plus souvent du médecin rencontré que du lieu,
et les réponses sont dautant plus fiables que le nombre de contacts
est restreint et que la trajectoire diagnostique a eu lieu récemment.
En moyenne, il sécoule 2 ans et demi entre les premiers
symptômes et le diagnostic définitif de la maladie. Mais
cette moyenne cache de grandes disparités et lon préfère
présenter ce résultat par classes, comme dans le Tableau 8.
On voit en effet que 41% des malades sont diagnostiqués en moins
dun mois et que 28,6% le sont en plus dun an.
Le nombre moyen de contacts avec le système de soins est de
2, ce qui est très peu
Tableau 8 : Temps écoulé
entre les premiers symptômes et le diagnostic définitif de la
maladie (en classes)
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| moins de 1 mois |
181 |
38,3% |
73 |
41,0% |
| 1 mois - 1 an |
137 |
29,0% |
54 |
30,3% |
| 1 an - 5 ans |
90 |
19,1% |
33 |
18,5% |
| plus de 5 ans |
64 |
13,6% |
18 |
10,1% |
| Total |
472 |
100,0% |
178 |
100,0% |
| Non réponse |
60 |
|
33 |
|
Les contacts par producteurs de soins
Tableau 9 : Les contacts par type de producteur de soins
Il existe 33 trajectoires différentes :
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu en ville
(32,2% des malades) sont au nombre de 15.
-
La plus fréquente est de type " Ville / ville" et concerne 23
malades.
-
Il y a 3 trajectoires que lon peut dire courtes, de 2
contacts ou moins, qui concernent 24,1% des malades.
-
7 trajectoires (46,7% des " trajectoires-ville " sont
longues, de 5 contacts ou plus et concernent 7 personnes (3,3%
des malades), ce qui est très peu. Contrairement à
ce qui se passait pour les autres pathologies de létude, ici,
les trajectoires qui débutent en ville ont tendance à être
courtes.
-
dans 4 trajectoires, les malades (9%) sont orientés dès le
premier contact, or nos analyses ont montré que les trajectoires
ont tendance à être plus courtes, en ville, lorsque les malades
sont orientés dès le premier contact. Ce qui confirme ce
quon avait pressenti.
-
seulement trois trajectoires sont homogènes, ce qui signifie
que lorsque lon consulte en ville la première fois, on va avoir
aussi des contacts à lhôpital au cours de sa trajectoire.
Cependant, elles concentrent un nombre relativement important de malades
(18,5%).
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu à
lhôpital (67,7% des malades) sont un peu plus nombreuses
que les trajectoires débutant en ville : 18 trajectoires
différentes.
-
la plus fréquente est de type " hôpital / hôpital "
et concerne 87 malades
-
3 trajectoires sont courtes (2 contacts ou moins) et concernent
114 malades (54% des malades). On peut donc dire quil y a
davantage de gens qui ont des trajectoires courtes quand ils ont un premier
contact à lhôpital, quun premier contact en ville,
même si les trajectoires sont de toutes façons relativement
courtes pour les personnes atteintes dOstéogenèse
imparfaite.
-
Comme en ville, on dénombre 10 trajectoires longues mais elles
ne représentent que 7,1% des malades, cest un peu plus
quen ville, mais la proportion reste faible.
-
les malades sont moins souvent (7 personnes contre 19 en ville)
orientés quand le premier contact a lieu à
lhôpital, ce qui semble logique puisque pour des maladies
graves et rares, le plateau technique et la compétence des médecins
à lhôpital permettent de réaliser les examens
nécessaires au diagnostic de la maladie.
-
Cela est corroboré par le fait que les trajectoires sont plus
homogènes (8 trajectoires qui concernent 126 malades), ce qui
signifie que lorsquon a consulté à lhôpital
la première fois, les consultations qui suivent auront aussi lieu
à lhôpital (même si ce nest pas forcément
le même).
Les contacts par médecin rencontré
(Généraliste / Spécialiste)
Tableau 10 : Les contacts par type de médecin rencontré.
Il existe 25 trajectoires différentes :
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu chez un
généraliste (28,7% des malades) sont au nombre de
11.
-
La plus fréquente est de type " Généraliste -
Généraliste " et concerne 18 malades.
-
Il y a 3 trajectoires (soit 27,3% des trajectoires) que lon
peut dire courtes, de 2 contacts ou moins, qui concernent quand même
21,1% des malades.
-
5 (45,5% des trajectoires) trajectoires sont longues, de 5
contacts ou plus et concernent seulement 6 personnes (2,9% des malades).
Autant dire que ces trajectoires sont individuelles.
-
dans 5 trajectoires, les malades (27 personnes) sont orientés
dès le premier contact, or nos analyses ont montré que
les trajectoires ont tendance à être plus courtes, en ville,
lorsque les malades sont orientés dès le premier contact.
-
seulement 2 trajectoires sont homogènes, ce qui signifie que
lorsque lon consulte un généraliste la première
fois, les contacts suivants vont souvent avoir lieu auprès de
spécialistes.
Les trajectoires pour lesquelles le premier contact a lieu chez un
spécialiste (68,9% des malades) sont un peu plus nombreuses que
les trajectoires débutant chez un généraliste :
14 trajectoires différentes.
-
la plus fréquente est de type " spécialiste /
spécialiste " et concerne 82 malades
-
3 trajectoires sont courtes (2 contacts ou moins) et concernent
117 malades (56% des malades). On peut donc dire quil y a
davantage de gens qui ont des trajectoires courtes quand ils ont un premier
contact chez un spécialiste, quun premier contact chez un
généraliste.
-
on dénombre 7 trajectoires longues qui ne concerne que 7,6%
des malades, ce qui est relativement peu.
-
Les malades sont moins souvent (3 personnes contre 10 en ville)
orientés quand le premier contact a lieu chez un spécialiste,
ce qui semble logique puisque pour des maladies graves et rares, la
compétence des spécialistes de lun des organes
concernés est plus grande que celle du généraliste,
à qui on ne peut raisonnablement pas demander de tout
connaître
-
Cela est corroboré par le fait que les trajectoires sont plus
homogènes (9 trajectoires qui concernent 137 malades), ce qui
signifie que lorsquon a consulté un spécialiste la
première fois, les consultations qui suivent auront aussi lieu chez
un spécialiste (même si ce nest pas forcément le
même).
Le diagnostic définitif de la
maladie
les caractéristiques du contact diagnostic
Les malades ont en moyenne 4 ans au diagnostic définitif de leur
maladie. Mais là encore la moyenne est assez peu significative :
42,9% des malades ont moins dun an lors du diagnostic
de leur maladie.
Le diagnostic définitif a lieu dans 78,7% des cas dans un
établissement de soins (contre 87,1% dans léchantillon
total) et dans 87,6% des cas auprès dun spécialiste
(contre 94,4% des cas dans léchantillon total).
Il a lieu dans 80,9% des cas dans la région de résidence du
malade.
Cest dans 75,6% des cas un médecin qui a conseillé
lendroit, dont 51,3% le dernier médecin consulté.
Ce sont à 15,3% les parents qui ont décidé seuls
de consulter à cet endroit, ce qui est davantage que dans
léchantillon total (10,9%).
Les prescriptions au contact définitif
Dans 77,1% des cas, le diagnostic définitif est posé après
des examens complémentaires.
Dans 80,1% des cas, la maladie et ses conséquences sont
révélées lors du contact diagnostique.
Il est aussi intéressant de noter que seulement 12,3% des répondants
ont eu recours à un diagnostic prénatal et 4,7% à un
diagnostic présymptomatique.
La prise en charge de la
maladie
La prise en charge médicale
Le lieu de cette prise en charge est détaillé dans le Tableau
11.
Tableau 11 : La prise en charge
médicale
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Dans le service du diagnostic |
269 |
50,6% |
76 |
36,0% |
| Dans un autre service |
176 |
33,1% |
53 |
25,1% |
| Pas de prise en charge
organisée |
141 |
26,5% |
87 |
41,2% |
| Autre |
133 |
25,0% |
57 |
27,0% |
Il paraît important de noter que 41,2% des malades ne font pas
lobjet dune prise en charge médicale organisée,
ce qui est sensiblement plus que dans léchantillon total
(26,5%).
Lorsque cette prise en charge est organisée, les contacts avec les
médecins ont lieu le plus souvent tous les trois mois.
La prise en charge financière
46,8% des personnes interrogées déclarent avoir des
problèmes financiers dus à la prise en charge de la
maladie. Ils se répartissent comme suit (voir Tableau 12) :
Tableau 12 : Les problèmes
liés à la prise en charge financière de la maladie
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% |
| Remboursement de certains soins |
83 |
15,6% |
46 |
21,8% |
| remboursement de médicaments |
50 |
9,4% |
10 |
4,7% |
| prise en charge des transports |
97 |
18,2% |
35 |
16,6% |
| paiement des arrêts de travail |
23 |
4,3% |
15 |
7,1% |
| appareillages |
27 |
5,1% |
19 |
9,0% |
| arrêts de travail |
33 |
6,2% |
16 |
7,6% |
| alimentation diététique |
19 |
3,6% |
0 |
0,0% |
| plus aujourd'hui |
17 |
3,2% |
9 |
4,3% |
| autres traitements |
13 |
2,4% |
4 |
1,9% |
| autres |
24 |
4,5% |
9 |
4,3% |
Si 37,1% des personnes interrogées ne savent pas combien elles
dépensent par an pour la maladie, la même proportion
(37,1%) déclarent dépenser moins de 1000 francs
par an pour la maladie.
Information des malades
Les malades interrogés appartenant à une association de malades
ont eu connaissance de son existence à 38,4%par un médecin
et à 26,5% par la télévision et les journaux
(voir Tableau 13).
Tableau 13 : Connaissance de
lassociation de malades
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% du sous échantillon |
| Médecin |
154 |
28,9% |
81 |
38,4% |
| Famille |
15 |
2,8% |
11 |
5,2% |
| Bouche à oreille, amis |
56 |
10,5% |
35 |
16,6% |
| Télévision, journaux |
106 |
19,9% |
56 |
26,5% |
| Autre |
35 |
6,6% |
11 |
5,2% |
Le premier contact a majoritairement lieu après le diagnostic
définitif de la maladie et les apports de lassociation sont
les suivants (voir Tableau 14)
Tableau 14 : Les apports de
lassociation de malades (plusieurs réponses sont possibles)
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% du sous échantillon |
| Soutien financier |
2 |
0,4% |
0 |
0,0% |
| Soutien psychologique |
156 |
29,3% |
65 |
30,8% |
| Informations sur la prise en charge par la
sécurité sociale |
102 |
19,2% |
37 |
17,5% |
| Informations sur la maladie |
333 |
62,6% |
176 |
83,4% |
| Informations sur les professionnels
de santé |
165 |
31,0% |
84 |
39,8% |
| Autres |
28 |
5,3% |
9 |
4,3% |
Les malades ont essentiellement reçu de lassociation à
laquelle ils appartiennent : des informations sur la maladie (83,4%),
des informations sur les professionnels de santé (39,8%) et un soutien
psychologique (30,8%).
Les attentes, quant à elles sont les suivantes (voir Tableau
15)
Tableau 15 : Les attentes
vis-à-vis de lassociation de malades
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% du sous échantillon |
| Soutien financier |
20 |
3,8% |
12 |
5,7% |
| Soutien psychologique |
80 |
15,0% |
30 |
14,2% |
| Informations sur la prise en
charge par la sécurité sociale |
70 |
13,2% |
37 |
17,5% |
| Informations sur la maladie |
134 |
25,2% |
59 |
28,0% |
| Informations sur les professionnels
de santé |
131 |
24,6% |
64 |
30,3% |
| Autres |
51 |
9,6% |
25 |
11,8% |
Ils attendent essentiellement des informations sur les professionnels de
santé (30,3%), sur la maladie (28%) et sur la prise en charge par
la sécurité sociale (17,5%).
On doit aussi noter que les malades dans leur ensemble connaissent mal
les systèmes dinformation à leur disposition.
-
7,5% ont eu recours à lAFRG (contre 9,3% dans
léchantillon total) ;
-
7,1% ont eu recours à Allo-gènes (contre 8,4% dans
léchantillon total) ;
-
et 4,5% ont eu recours à _ (contre 6,2% dans
léchantillon total).
Les raisons de leur recours à ces moyens dinformation sont
détaillées dans le Tableau 16.
Tableau 16 : Les raisons du recours
à un moyen dinformation (plusieurs réponses sont
possibles)
| |
Population totale de léchantillon |
Ostéogenèse Imparfaite |
| |
Effectif |
% |
Effectif |
% du sous échantillon |
| AFRG |
|
|
|
|
| Informations sur la maladie |
20 |
3,8% |
4 |
1,9% |
| Adresse des professionnels de santé |
10 |
1,9% |
3 |
1,4% |
| adresses d'associations de malades |
14 |
2,6% |
3 |
1,4% |
| Autres |
12 |
2,3% |
6 |
2,8% |
| Allo-gènes |
|
|
|
|
| Informations sur la maladie |
25 |
4,7% |
5 |
2,4% |
| Adresse des professionnels de santé |
10 |
1,9% |
3 |
1,4% |
| adresses d'associations de malades |
17 |
3,2% |
4 |
1,9% |
| Autres |
4 |
0,8% |
3 |
1,4% |
| _ |
|
|
|
|
| Informations sur la maladie |
24 |
4,5% |
5 |
2,4% |
| Adresse des professionnels de santé |
6 |
1,1% |
2 |
0,9% |
| adresses d'associations de malades |
10 |
1,9% |
3 |
1,4% |
| Autres |
6 |
1,1% |
3 |
1,4% |
Conclusion
Lanalyse de ce questionnaire a donc permis de révéler
les principales caractéristiques des trajectoires des personnes atteintes
dOstéogenèse Imparfaite, qui avaient répondu à
notre enquête.
On peut retenir de cette analyse quelques points saillants.
Concernant les caractéristiques générales de la
population :
-
les malades sont un peu moins souvent couverts à 100% que dans le
reste de létude (58,3% contre 69,2%), ce qui peut tenir au fait
quil y a dans léchantillon des malades relativement
âgés, diagnostiqués il y a longtemps et dont la maladie
sest probablement stabilisée. Dans ce cas, la prise en charge
à 100% na pas été renouvelée.
-
Les mères des enfants malades ont souvent abandonné leur
activité professionnelle ou diminué leur temps de travail pour
soccuper de leur (s) enfant (s).
Concernant les trajectoires :
-
Le contact initial avec le système de soins a le plus souvent lieu
rapidement après les symptômes (ce qui est normal en cas de
fracture(s)), dans un établissement de soins (67,9% des cas ;
hôpital ou clinique).
-
61,3% des malades sont diagnostiqués dès ce premier contact,
ce qui est beaucoup plus que dans léchantillon total.
Il faut en effet noter que parmi lensemble des malades, les trajectoires
des personnes atteintes dOstéogenèse Imparfaite sont
en moyenne les plus courtes, quelles débutent en ville ou à
lhôpital. Cela tient probablement au fait quelles ont des
symptômes flagrants.
-
Il faut noter que 41,2% des malades déclarent ne pas faire lobjet,
au jour de lenquête, dune prise en charge médicale
particulière, ce qui est beaucoup plus que dans le reste de
lenquête. Cela tient probablement là encore à la
présence de personnes malades ayant été diagnostiquées
il y a longtemps et qui ne font plus lobjet dune prise en charge
médicale régulière.
-
Enfin, on peut noter les difficultés financières liées
à la maladie qui concernant surtout le remboursement de certains soins
et des transports.
Concernant les associations de malades :
-
Ce sont les médecins et les médias qui ont fait connaître
lassociation (respectivement 38,4% et 26,5%).
-
Les malades ont essentiellement reçu de lassociation à
laquelle ils appartiennent : des informations sur la maladie (83,4%),
des informations sur les professionnels de santé (39,8%) et un soutien
psychologique (30,8%).
-
Ils en attendent : des informations sur les professionnels de santé
(30,3%), sur la maladie (28%) et sur la prise en charge par la
sécurité sociale (17,5%).
Globalement, on peut dire aussi quils connaissent assez mal les lieux
ou les outils dinformation à leur disposition comme lAFRG,
Allo-Gènes ou _.
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