Maladies orphelines : plus de 60% des malades ne sont pas diagnostiqués lors
de leur première rencontre avec leur médecin !
Le 10 mars 2000, l'Association Française de Recherche Génétique - Fédération de
Maladies Génétiques Orphelines - organise dans le cadre du MEDEC, ses
2èmes Assises Inter Associatives. Elles permettront la restitution d'un
travail de recherche qui démontre la nécessité de la constitution de réseaux de
soins dans la prise en charge des maladies orphelines.
Répondre aux attentes des familles
E n 1998, l'AFRG finançait conjointement avec les laboratoires Biogalénique-RPG
le projet de DEA de Virginie Godet, jeune scientifique de l'unité INSERM
U 357 "Recherches en Economie de la Santé" concernant "l'analyse économique des
réseaux et filières de soins pour le diagnostic des maladies génétiques rares".
Les 1ères Assises Inter Associatives de l'AFRG avaient abordé quelques mois plus
tôt, l'impact familial et social des maladies génétiques orphelines. Les débats
avaient mis en exergue le long parcours des familles jusqu'au diagnostic
définitif de la pathologie de leur enfant ainsi que leurs difficultés à trouver
des structures de soins adaptées aux handicaps rares et très rares.
Afin de faire des propositions d'amélioration du système de santé en place qui
ne répond pas efficacement aux attentes des personnes atteintes de maladies
orphelines,Virginie Godet a dans un premier temps cherché à vérifier le postulat
de départ.
Pour cela, elle s'est appliquée à dresser un état du système de santé face aux
maladies orphelines en analysant les trajectoires* de personnes malades.
1115 familles atteintes de 5 pathologies orphelines (le syndrome de Lowe, Gilles
de la Tourette, l'ostéogenèse imparfaite, les maladies héréditaires du
métabolisme, la maladie Von Hippel Lindau) fédérées au sein de l'AFRG, ont été
consultées par questionnaire, 532 réponses ont été retournées.
Aujourd'hui, deux années après les 1ères Assises de l'AFRG, les familles sont à
nouveau rassemblées pour une présentation des conclusions de cette étude.
Une nécessaire organisation du système de soins en réseau
L'analyse des données issues de l'enquête est sans appel. Le système de soins
actuel ne répond pas efficacement à la spécificité des pathologies orphelines.
Les trajectoires des malades au seiin du système de soins relèvent d'avantage
d'initiatives individuelles et d'opportunités ponctuelles que d'une prise en
charge médicale organisée.
Mais c'est près de 50% de l'échantillon total qui déclare avoir des difficultés
financières liées à la maladie.
- Les problèmes majeurs demeurent :
- La prise en charge des frais de transports (18%),
- Le remboursement de certains soins (15%),
- Le remboursement de médicaments (9,4%).
Concernant le "parcours du combattant" souvent évoqué par les familles pour
arriver au diagnostic définitif de la maladie, on constate que le temps moyen
écoulé est de plusieurs années. Pour prendre les extrèmes des pathologies
représentées dans l'échantillon, le syndrome de Lowe est diagnost iqué, en
moyenne, au bout d'un an alors que pour le syndrome Gilles de la Tourette, il
s'écoule plus de 7 ans depuis l'apparition des premiers symptômes.
Cela retarde nécessairement la prise en charge médicale des malades.
*succession des contacts qu'a un patient avec les producteurs de soins
Plus de 60% des patients ne sont pas diagnostiqués lors de leur première
rencontre avec le médecin.
Le diagnostic sera précoce ou tardif en fonction des symptômes de la maladie.
L'Ostéogenèse Imparfaite est diagnostiquée dans 60% des cas lors de leur
première visite. Cela s'explique assez facilement puisque la principale raison
de consultation de ces patients fait suite à une fracture (dans 65,4% des cas).
Or, certains symptômes ne sont pas aussi faciles à diagnostiquer.
80% des malades atteints de Von Hippel Lindau ne sont pas diagnostiqués lors de
ce premier contact. En conséquence, leurs trajectoires au sein du système de
soins sont assez longues (en moyenne 4 ans). Cela tient vraisemblablement au
fait que cette pathologie touche plusieurs organes.
Face à ce constat, l'AFRG propose de mettre en oeuvre des réseaux qui organisent
le parcours des malades au sein du système de santé pour limiter le nombre de
points d'entrées dans le système de soins.
L'enquête a également mis en évidence le rôle déterminant du premier médecin
consulté pour l'orientation des malades. Il est nécessaire de pallier le déficit
d'informations médicales des médecins de premier recours afin qu'ils puissent
orienter leur patient vers le centre spécialisé qui pourra prononcer un
diagnostic à brève échéance.
L'AFRG a déjà entériné cette proposition en remettant à 30 000 médecins de
ville, par l'intermédiaire des visiteurs médicaux des Laboratoires
biogalénique-RPG, un livret recensant les signes cliniques des pathologies
orphelines fédérées par l'AFRG. La 3ème édition du livret "Maladies Génétiques
Orphelines, en savoir plus" sera disponible à l'occasion du MEDEC.
Appel à l'union des associations de patients pour devenir une force de
proposition
Les propositions d'améliorations, validés scientifiquement, vont être soumises
aux autorités compétentes. C'est un travail immense qui s'achève, initié par les
familles adhérentes à des associations de malades. La voix des malades est
souveraine. C'est pourquoi, l'AFRG invite toutes les associations partageant ses
valeurs à rejoindre la Fédération de Maladies Génétiques Orphelines.
Contact presse : Sophie Cazin
Tél : 01 43 25 28 18 / Fax : 01 43 54 32 56
Communiqué de presse 1er mars 2000
L'enquête a révélé que plus d'un quart des malades atteints de maladies
orphelines ne bénéficient pas de prise en charge médicale organisée !